Perito mi Corazon

Après nos aventures porteñas, nous avons rendez-vous avec El Calafate en Patagonie, où nous comptons bien retrouver notre Pinomad (oui, c’est le nom qu’on a finalement choisi, en référence à cette aventure un peu folle, en presque totale autonomie) !

Car bien que BA est une chouette ville, les jambes nous démangent de parcourir ce bout de terre en roulant. El Calafate n’est pas en soit une très belle ville, c’est un repère à touristes en recherches de sensations fortes ou d’excursions en tous genres (oui, un peu comme nous), mais elle se situe très près de différents parcs et dans un décor somptueux au bord du Lago Argentino.

Le 1er jour, pas de nouvelles du vélo, qui n’arrivera que le lendemain… décidément ! Il faut donc se rendre au centre ville depuis l’aéroport par un autre moyen, évidemment au prix fort. Par chance, un couple d’argentins nous propose de partager le taxi avec eux, c’est un moindre mal. On se trouve un camping pour la nuit (car nous n’avons pas tout notre attirail sur nous encore), cela nous permet d’avoir une douche chaude, et le wifi !

Le vélo arrivant le lendemain après-midi, on profite de la matinée pour se rendre à la réserve naturelle de Laguna Nimez, sur les conseils de Titi (un ami normand/parisien/strasbourgeois!). L’entrée n’est pas donnée (on se rendra vite compte que les argentins aiment privatiser et faire payer la nature, sans en prendre réellement soin ailleurs…), mais ca vaut le coup : le lieu est très paisible et une quantité d’oiseaux intéressants s’y réfugient !

oiseau route perito

Il est enfin temps de se rendre à l’aéroport pour retrouver notre compagnon. Petit moment de stress, on espère qu’il sera bien là et en bon état… Soulagement en voyant les 2 paquets verts (la British les a suremballés) qui ont pris quelques chocs quand même. Petite frayeur donc, mais rien de cassé en apparence, on peut commencer le montage sous les yeux amusés et intéressés des chauffeurs de bus ou taxi ! Le Pinomad commence à faire parler de lui !

On prend enfin la route, chargés légèrement car nos affaires sont restés au camping, et on comprend vite la renommée de la Patagonie ! C’est beau certes, mais ca souffle ! On mettra 1h40 pour faire les 20kms qui nous ramènent sur El Calafate. Dernière nuit reposante et douche chaude au camping de Los dos Pinos, avant de partir vraiment pour l’aventure !

On décolle le lendemain matin (enfin pas très tôt car le temps de tout charger et d’organiser les sacoches pleines à craquer -on dirait qu’on part pour 6 mois!- 😉 ), direction le Perito Moreno, un des lieux particuliers de ce voyage puisqu’on en rêve depuis longtemps. 80 kms à parcourir, on se dit qu’on ne les fera pas dans la journée, mais l’idée est d’en faire 60 ou 70 pour se rapprocher au plus et y être tôt le matin. Les 1ers kms sont moins difficiles que la veille, même si ça monte déjà un peu. On a un but précis et ca fait avancer. Les chansons de Laetitia aussi. Arrive alors une ligne droite qu’on imagine monotone… Et bien non ! Pas loin de 10 kms peut être, un vent à décorner les bœufs, peut-être même à mettre sans dessus-dessous le brushing de Tina Turner ! Mais quelques encouragements de motos, bus ou voitures, intrigués par notre monture particulière, nous donnent du courage. Les vaches ou autres moutons que l’on croise nous regardent d’un air hébété dans leurs grandes prairies, mais ont peur dès qu’on s’approche ou s’arrête. On reprend du poil de la bête et on arrive au poste d’entrée du parc national des glaciers. Il faut descendre, s’affranchir du droit d’entrée mais on nous interdit de camper ! Grrrr. Pas le choix, il faut s’arrêter là et trouver un bivouac, on paiera le lendemain et on finira de parcourir les 32 kms restants (dommage, il nous restait un peu de jus pour en faire au moins 10 km de plus). On s’installe à 500 m du poste, dans un petit sous-bois à l’abri de la route avec fenêtre sur un somptueux paysage. On a le temps de bien cuisiner, s’installer, écrire…

vue bivouac route peritoroute perito

Le lendemain, motivés comme jamais, on ré-enfourche Mad, et le soleil nous accompagne pour les 32 kms du matin. C’est splendide. Au loin, des lacs, des montagnes blanches, d’autres nues et bientôt le Perito Moreno !

perito vue loin

Pour notre venue il a revêtu sa plus belle parure de bleus (du ciel au translucide, de la menthe forte au bleu façon néon) bien aidé par le soleil. C’est splendide. On arrive au pied, surprise, il y a un monde fou (encore plus que ce qu’on imaginait) : c’est jour de course, le semi-marathon des glaciers. On est pas venus pour voir des bonshommes jaune fluo, on est venu pour Moreno !

On entame alors un chemin de rando, à pied, pour accéder au plus près du monstre de glace. C’est encore plus beau et impressionnant qu’en images évidemment. Ca se fendille, ça craque, des morceaux tombent dans l’eau dans un fracas incroyable, porté par l’écho des montagnes…

perito large
perito1

glacons

Il ne contredit pas à sa réputation, le Perito Moreno est bien un lieu magique et c’est non sans émotion et un petit pincement au cœur qu’on lui dit au-revoir après avoir passé quelques heures à le contempler. Il s’agit de sortir du parc maintenant, et nous décidons de retrouver notre bivouac de la nuit dernière. Il nous faut refaire les 32 kms en sens inverse, mais c’est remplis de joie que nous les avalons (certaines parties nous paraissent bien ardues quand même!), et finalement nous aurons fait 64kms en moins de 4h, entrecoupés de 2 bonnes h de rando. Un élément de confiance pour la suite.

Une chose est sûre, avec ce Perito qu’il fallait mériter, notre cœur a fait boum !

devant le perito

  9 comments for “Perito mi Corazon

  1. TiTi
    20 avril 2016 at 19 h 35 min

    Cool d’avoir de vos nouvelles et vos infos me rappellent mes vacances là-bas il y a déjà quelques temps 😉
    Pour information l’oiseau sur la photo est un « Carancho » en argentin (Southern Crested Caracara en anglais et Caracara huppé en français) et vous devriez en voir régulièrement tout le long de votre route vers le nord.
    Eclatez vous bien tous les deux !
    Biiiizzzzz
    TiTi

    • Brettitia
      30 avril 2016 at 2 h 25 min

      Dès qu’un nouvel spécimen de volatile se matérialise devant nous, nous avons une pensée pour toi en sachant pertinemment que tu saurais quel est cet oiseau!! Je doute que nous devenions expert en reconnaissance d’oiseau mais c’est toujours avec une vive curiosité et plaisir que nous observons de nouveaux becs!!
      Et faire la course avec des autruches sur la route est très amusant!!! Nous avons pu noter qu’elles pouvaient facilement faire du 20km/h avec plus d’aisance et d’endurance que nous.. (Mais nous avions déjà 80km au compteur ce jour-là!!)

  2. jcoki
    21 avril 2016 at 8 h 43 min

    Belle palette de bleus en effet, pour un spécialiste de la peinture de quoi enrichir le nuancier de la seigneurerie!

  3. Albin Hamard
    22 avril 2016 at 16 h 46 min

    ja ja, please keep us posted ! Merci de nous faire rever avec vous ! Prenez bien soin du temps 😉

    • Brettitia
      30 avril 2016 at 2 h 20 min

      You’re welcome…et c’est un réel plaisir de partager cette aventure!!

  4. mangier
    22 avril 2016 at 22 h 51 min

    Hello les petits aventuriers.Un coucou Orléanais de François dit le Pélerin ou L’Obergiste du faubourg.Bisous et
    profitez bien de votre quotidien.

    • Brettitia
      30 avril 2016 at 2 h 19 min

      Bonsoir François.. Merci pour ce message d’encouragement et nous n’oublierons pas de profiter de notre quotidien.. Par exemple ce midi, nous sommes allés manger dans une « cantine » pour manger typique: c’était simple et fameux!!
      Nous avons plaisir à redécouvrir le goût des choses simples et des petits riens qui offrent tant..

  5. cartier
    27 avril 2016 at 13 h 10 min

    on vous suit
    magnifique !!
    bisous
    Patrice Patricia

    • Brettitia
      30 avril 2016 at 2 h 10 min

      Ravis que ca vous plaise!! Bisous à vous aussi.

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